Une planche de bois, peinte ocre. Une pinte de blonde et pis fuck, on s'roule-tu un joint. Allons marcher un peu plus loin, mais seulement si le coeur t'en dit. Je voulais tellement faire la paix que j'ai oublié de me demander si l'un en voulait à l'autre. Pis en fin de compte, qu'est-ce que ça fait. Chacun prend son chemin. Quel con n'a pas perdu les pédales. Quelle vie n'a pas de bataille.
C'est une histoire comme 100 000 autres, on dit que le prochain fight fera encore plus mal. Et c'est ça que je trouve beau, avancer sans même s'en rendre compte. Porter la tête de plus en plus haute, poser les pieds pas après pas, au travers des décombres des années grugées par les rats. Des histoires d'amour brisées, cassées puis réduites en poussière, tout le monde en a 1000 d'écrites à quelque part dans le débarras.
[Les peines d'amour, c'est loin d'être new age]
Je suis trop peu disciplinée pour avoir compté les jours, mais je dois admettre qu'avoir compté les mois, c'était pas mieux. Quand ces machins-là s'accumulent, ça donne le tournis, le vertige et des nausées, même que des fois ça fait pow pow dans mon ventre alors là, je vais directement aux toilettes. Le mieux c'est encore de ne pas y penser, ce que je réussis généralement assez bien maintenant.
[L'amour remplace l'amour à merveille]
Encore toute jeune et à moitié vieille, je viens d'être mise au monde. Je nais juste, je suis naïve mais méchante. Ce qui me trouble, si trouble il y a, c'est d'être confrontée à moi-même. Ce moi inconnu que je feins sottement de connaître depuis la ribambelle. Ce moi qui semble certain. À ce propos, si je regarde autour de moi à cet instant, j'y vois un salon. À y voir ce chien qui ronfle sur le divan et le bordel tout autour, il s'agit du mien. L'espace temps m'est irréel, ma vue s'est affaiblie. Myope sans lunettes.
[Encore la même, mais moins voyante]