Le jour vient de naître et déjà je dois garder mon sang froid, faire mon pipi du matin, sortir le chien. Nous sommes sur le lit de mort d'octobre, nous attendons anxieusement la première neige. Rien n'est au four, nous ne mangerons rien de bon ce soir, comme d'habitude. J'ai laissé une citrouille pourrir au pied de la porte, sans même prendre la peine de lui entailler un visage. J'applique la loi du moindre effort à la lettre, je ne tricote même pas cette année. J'ai un énorme trou dans le ventre, j'ai le meilleur des amis, je suis fucking effrayée juste à l'idée d'être seule la nuit. Come on, grande fille qu'il me dit avant d'aller travailler. C'est bien mon problème, je suis une grande fille pis ça, ben c'est rough en ce moment.
mercredi 29 octobre 2008
mardi 28 octobre 2008
mardi après-midi, rien d'autre à perdre
Prétendons que nous ayons loué une voiture pour aller voir un show punk à Seattle, qu'il fasse assez soleil pour qu'on ait des lunettes fumées et que j'épluche des clémentines assise en indien à côté de toi, la fenêtre ouverte. Prétendons que Blue puisse traverser les douanes même si elle n'est pas vaccinée, prétendons qu'elle soit sur le banc arrière avec sa grosse tête à moitié dehors, les babines au vent. Prétendons qu'il ne pleuve pas aujourd'hui, prétendons qu'il n'ait rien existé et que tous ces noms d'animaux que nous nous donnons soient nos premiers mots. Prétendons que l'on écoute Janis Joplin, bye bye, baby, bye bye, imagine, si on buvait un café à trois heures de l'après-midi. C'est vrai quand elle dit free is just another word for nothing left to loose, pourquoi on n'arrêterait pas faire l'amour dans le bois en Ontario?
dimanche 26 octobre 2008
samedi 25 octobre 2008
je tombe de fatigue
Je t'aime comme dans je n'aime rien du tout, des paroles dites sous le pont, comme quand on ne dit rien. Petites redondances, vont et viennent, variablement. Deux histoires même pas vraies. L'une sans issue, l'autre hermétique. L'un est parti, l'autre aussi.
Je résiste, je subsiste sans prendre mes jambes à mon cou. Je dors sur mes deux oreilles. As-tu souvenir d'avoir rêvé de moi? Ombrage d'un songe au plafond de ta chambre. Tu hachures mon dos d'égratignures, puis m'asperges de vinaigre.
L'un m'éjacule au fin fond de la gorge alors que l'autre me doigte le cul.
vendredi 24 octobre 2008
sans titre sans rien
Que le vent souffle, s'il-vous-plaît, qu'il souffle. Alors que je m'apprête à faire du thé entre une limace et un cloporte, pour la collation de minuit. Un jour je tirerai ma révérence et enterrerai le tisonnier. Déjà, écoute, je me suis tu. Je dors sous les bourrasques, je roupille, bourrée. Je repose presque en paix. Demain je farderai mes paupières de charbon et soulignerai mon oeil d'un trait. Et je ne boirai certainement pas à ta santé.
jeudi 23 octobre 2008
geler en beauté
Je ne vais quand même pas me faire tatouer des larmes. Une chance que j'ai de bons bouquins pour me perdre dedans. J'ai des envies de tout peindre en blanc, ça me prend comme ça, des fois. Je dois refouler mes pulsions saisonnières de te faire des tartes aux pommes, des rôtis avec des légumes racines, des potages aux betteraves. Elle aura ce jardin au fond de la cour et moi j'écrirai mes livres ailleurs. Ainsi va le cours des choses, on aime jusqu'à ce qu'on arrête d'aimer. Rien ne meurt jamais vraiment, tout revit et bientôt, il neigera. Et moi je clouerai des petites lumières multicolores autour des fenêtres. Puis, elle te fera une grimace et tu la trouveras irrésistiblement mignonne. Vous poufferez de rire en vous jetant sur le lit. Tu lui mordilleras le bout du nez. Comme des grands enfants. Comme nous, avant. Je n'ai pas oublié qui je suis. Moi aussi je vais être belle et heureuse dans l'automne. Le frimas me va à ravir, je crois que tu l'avais oublié.
lundi 20 octobre 2008
vivre/dormir/revivre
3 heures du matin, la tête sur des genoux, les cheveux en bataille et le tempérament aussi. 7 piastres de taxi pour ramper dans mon lit, me concentrer très fort pour ne pas vomir. Ne pas vomir, ne pas vomir. Réussir à me rendre aux toilettes pour dégueuler par terre, sur le tapis. Le chien veut goûter, il y tient absolument. Laisser le chien manger le vomi, retourner me coucher. Ark, un jour nouveau. Le chien pu de la gueule, mettre le tapis dans la laveuse. Encore envie de vomir, me brosser les dents, vomir dans l'évier. Me rebrosser les dents, me gargariser 5 minutes. Ça goûte encore, câliss. Salut, bon matin, merci d'être resté. J'y arriverais pas sans toi, j'espère que tu le sais.
dimanche 19 octobre 2008
la 144ième heure sera meilleure

Une joke. On dirait une de grosse joke avec un fond de heavy métal recherché. J'ai eu mal au coeur cette semaine. Une abomination de semaine. Un esti de ravage. Vous auriez dû me voir. J'ai regardé l'avenir comme s'il n'y en avait pas pis c'était vraiment dégueulasse de penser au lendemain. Il y eu de ces jours, vous les connaissez, où il n'y eurent pas de nuits. Puis de ces autres où, à moitié endormie, j'ai regardé le rideau tomber sur la fenêtre. Ils sont allés et ils sont venus, mes amis très chers. Ils m'ont veillés comme ils l'ont pu.
Le temps. Je le sais. Je le connais, celui-là.
jeudi 16 octobre 2008
je ne sais plus on est quand
Je parlais avec lui au téléphone, évidemment. Il essayait de ne pas me dire la vérité avec des mots qui sonnaient vrais, je l'accorde, mais qui ne l'étaient pas. Il essayait d'en finir en n'en finissant pas, il attendait quelque chose. Enfin, je crois. Quelque chose qui, cela s'entend, ne viendrait pas. J'avais pas même bouffé un seul légume grillé au midi, pas plus que la pâte d'anchois. C'est bien pour dire, ça fait trois jours que j'ai l'estomac dans les talons. Je vomissais quand même, au bout du fil. Allez donc savoir quoi, mais je vomissais. Dégoûtée. Exténuée.
Il n'existe plus aucune planète sur laquelle je peux compter, chers amis. Rien n'existe de plus humiliant que de se faire repousser du revers de la main avec presque dédain, avec presque plus rien dans les yeux. J'ai rien qu'une ostie de peine d'amour comme il ait été donné de vivre à trois millions d'autres avant moi.
Je vous quitte ce soir sur les mots de Cioran qui, aussi ironique cela puisse être, me font rire.
Il est des nuits que le plus ingénieux des tortionnaires auraient pu inventer. On en sort en miettes, stupide, égaré, sans souvenir ni pressentiments, et sans même savoir qui on est. Et c'est alors que le jour paraît inutile, la lumière pernicieuse, et plus oppressante encore que les ténèbres.
Allons, dormons un peu.
it's so unfair
L'être humain n'est que froideur et c'est de même que ça marche, tendre la main dans le vide, s'agripper à rien du tout. Et c'est comme ça que ça marche, tout le monde doit respirer jusqu'à son dernier souffle. Il n'existe pas d'autres options. Aimer, aimer longtemps, plus longtemps que toi en tous cas. Apprendre, apprendre incessamment. J'ai le dedans tout autour comme si c'était jamais arrivé avant. Tu ferais mieux de courir.
C'est trop tard maintenant, trop tard pour s'asseoir.
mercredi 15 octobre 2008
elle me l'a lu dans un parc
Cette seconde-ci a disparu pour toujours, elle s'est perdue dans la masse anonyme de l'irrévocable. Elle ne reviendra jamais. J'en souffre et n'en souffre pas. Tout est unique- et insignifiant.
Cioran
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mardi 14 octobre 2008
plier les genoux
Dalle par dalle sans toucher aux lignes sinon le requin va nous manger. Tu avances et moi aussi, chacun notre trottoir. Toi d'un bord, moi de l'autre. J'aimais bien marcher bras dessus bras dessous avec toi dans la rue. Même si ça arrivait pas souvent.
Ça résonne partout en basse-ville, le son de la défaite. De plus en plus près, de plus en plus ça se rapproche et pertinemment nous savons qu'il sera impossible de l'éviter. Pas comme l'attente vaine. Je me fiais à un sablier truqué depuis cinq mois. Ça explique mon retard, pour ceux qui tenaient à ce que je rende des comptes. Pour ceux qui auraient pu se méprendre à mon sujet.
dimanche 12 octobre 2008
cela nous va bien
L'absence d'un ami en fait vite un étrangerÉdouard Pailleron
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samedi 11 octobre 2008
ne lisez pas ceci
Édit. j'avais écrit quelque chose ce matin. Et pis ce soir quand j'ai relu, j'ai trouvé ça plus que pourri et en fait, je me rappelais même plus de l'avoir écrit. Pour être honnête, je me suis sentie embarrassée d'avoir pu publier un tel pitch de grosse peine grasse et trash. Vous l'aurez peut-être remarqué, je traverse un moment difficile présentement et la colère m'inspire beaucoup pour mon écriture. Mais tsé, ya des affaires qui doivent pas être écrites sur un blog qui ressemble à un bonbon dur écrasé dans rue. Ya toujours ben une limite au désespoir, sacrament.
Je tiens à présenter mes excuses à ceux et celles qui ont lu mon texte de marde, ça avait pas d'affaire icit pis. ben. ça arrivera pu.
Mention spéciale, toutefois, à Éric McComber qui avait compris de quoi à ce ramassis de mots pis qui m'a très gentillement commenté. awww thx &, x
jeudi 9 octobre 2008
bottes de cuir que ça m'fait peur*
Rejetée comme quand on m'appelait Miss Peggy-Nez de cochon à l'école Bois-du-Nord, j'ai comme moins envie de me battre aujourd'hui. Ya personne, par exemple, qui a jamais osé me fourrer une volée. Je fais ma grosse tough avec mes épaules larges, mes ongles rongés pis mes bottes de cuir. Tassez-vous, Nez de cochon passe par là! Quand ils m'avaient traité de pute parce que j'avais du rouge à lèvres à récré. C'est quand même moi que Pierrot avait choisi de frencher en premier. Quand, dans l'autobus, ils avaient collé une gomme dans ma longue couette blonde. Ça avait fait enrager ma pauvre mère sans bon sens. Elle avait piqué une sainte crise à l'arrêt, le lendemain. Quand j'étais en troisième secondaire, les filles de 5 avaient fait une pétition pour m'empêcher d'aller au bal avec n'importe lequel des finissants. J'y avais été pareil en fin de compte, Jean-Seb m'avait invitée.
*titre inspiré de Moé pis Michel, de mes chers amis, Power Tendresse
mercredi 8 octobre 2008
pour changer de sujet
Partie faire un petit tour pas très loin. T'auras pas le temps de t'apercevoir de mon absence avant que je ne sois revenue, j'imagine.
Les vieilles dames de mon quartier ouvrier me saluent tous les jours, plantées sur le coin de la rue pour l'éternité. Bon Dieu, qu'est-ce que je ferais pour ne jamais me retrouver là à mon tour. Je m'invente leurs histoires, je remonte leurs vies. Personne n'est à l'abri de la misère, apparemment. L'une est née ici et n'a jamais mis le pied en dehors de la ville; l'autre vient de loin mais c'était une autre époque et elle n'en garde pas le moindre souvenir. Vieillies dans leur jus, dans leurs bobettes de coton, la vie s'est chargée de les cuisiner home made à la St-Roch style. Avec ben du jambon pis des patates pilées. Triste et beau à la fois, fucking troublant pour une jeune exondée de la Côte-Nord comme moi. C'est de même que ça ce passe dans la réalité que je me dis en tirant ma cigarette dans l'égout. Je suis qui pour juger qui que ce soit, moi, qui n'a jamais rien vu. Tout le monde marche, rue du Pont, sans répondre aux sourires des deux vieilles qui ont froid en octobre. Personne ne voit qu'elles tendent devant elles un chapeau de laine.
lundi 6 octobre 2008
écrit sous influence
Je t’entendrais banger une adolescente tête dans le mur de ma chambre que je ne serais pas plus mal en point. Je suis sortie voir du monde, me faire voir, juste pour voir, j’ai eu droit a plus de sourires ce soir que de toi dans toute ta vie. Tu sais quoi, le barman est venu me porter un verre sans me raconter ses pépins financiers, il m’a dit à la tienne et il a pris ma main. J’ai détourné mon regard de ses yeux parce que j’avais pas envie de lui. J’avais juste en tête les mots doux que tu écris à de pures étrangères et que je vois sans vraiment le vouloir en furetant sur ce site où tout le monde gaspille sa vie. J’ai remarqué que je ne laissais pas les hommes indifférents et c’était pas à cause de mes gosses boules, innocent, j’avais gardé mon manteau. Je pourrais pas dire que ça m’a fait du bien cependant il est vrai que ça m’a changé les idées. Ça a changé le mal de place, maintenant je le sais que ça sera pas si facile de te remplacer. Pas que je trouverais pas meilleur mais faudrait que ce soit quelqu'un d’exceptionnel avec un cœur gros comme ça. Je suis pas nulle, je sais bien que ça peut prendre du temps. Je ne me suis jamais prise pour une princesse que l’on veut pour épouse coûte que coûte. Faudra qu’il voit combien grande je suis et qu’il soit encore plus fort que moi. Faudra qu’il soit tendre, pas comme toi. Faudra probablement que je prenne des longues marches en parlant aux planètes mais j’ai confiance en moi. De plus en plus, en fait, depuis que tu as disparu.
texte de frustrée
Alors que tu savoures ton bonheur d'être frais divorcé, moi j'essaie de t'imiter. J'ai le regret de t'apprendre que je ne vais pas si mal que ça. Ni trop égarée ni trop errante rien qu'un peu de tachycardie, comme toujours. Chaque souffrance à son remède et tu n'es pas le traitement approprié. J'ai grand besoin de soins de confort. J'ai vu une ville où tu ne résides pas, j'aurais aimé y emménager. C'était tellement inspirant, le constat imminent qu'une rue puisse être belle sans que tu y aies posé les semelles de tes vieux running shoes. À l'hôtel j'ai dormi toute habillée, sur la couette. Wake up call à six heures du matin, l'organe vital qui s'emballe. Deux cafés, trois cafés, ça va mieux, c'est un autre jour qui s'amène. Je suis capable, j'en ai déjà affronté plus de huit mille cinq cents. Je me sens ridiculement minuscule, élément microscopique qui fonce à je ne sais plus combien de miles sur une autoroute américaine qui porte le nom d'un numéro. Je m'éloigne drastiquement, si un jour je reviens, je te traînerai en justice pour violation des droits de l'homme.
vendredi 3 octobre 2008
bachelorette
J'urinerais bien sur ton visage en écoutant du Björk mais le lecteur est cassé. Mauvaise haleine du matin, crottes de yeux qui grafignent la rétine. Il faudrait que je me sorte de là, que je me plonge dans de l'eau savonneuse et attende que ma peau ratatine. Je suis l'aînée de ma génération, vieille jeune dans la fleur de l'âge. Plante verte dans un sol congelé. Trop jeune pour être vieille, je disais l'autre jour. Ma grand-mère est si belle comparé à moi. Mille kilos de tabac enfumé dans le système, complètement accro aux émissions toxiques. Essayer de faire ce que t'aime de huit à cinq sans broncher, pas facile du tout quand tu es un pantin dans la jeune vingtaine. Faut foncer, qu'ils nous disent à l'école, faut oser être qui on est. C'est ce que je tente la plupart du temps, un verre de styromousse à la main. J'ai longtemps cru que j'avais beaucoup d'amis, assez pour ne jamais être seule plus de dix minutes à la fois. Puis un jour, ils s'amourachent de quelqu'un et s'en vont avant le dernier autobus. On se ramasse deux trois cons, orphelins. On s'endort à l'aurore et pis la vie continue. Les années, les secondes et les gens, tout ça te rentre dedans comme une charrue dans ton corps. Encore forte, petite jeunesse, demain tu t'en rappelleras pu.
jeudi 2 octobre 2008
super cool
C'est si drôle quand tu parles, les asiatiques peuvent bien se rouler par terre en se tenant le ventre à deux mains. Dans la loge, tu te verses une Guiness et y laisses tomber un petit verre de crème irlandaise. Tu le cales d'un coup sec. Grosse soif à soir, mon gars. Ça te fait une belle moustache. Des musiques d'Islande, de pays scandinaves avec des chanteurs blonds. Sur les tables, des sandwiches élaborés, des poissons crus très très chers. Grands festins auxquels ont droit les artistes underground de ta trempe. Super cool ton t-shirt, en passant.
mercredi 1 octobre 2008
mauvais métabolisme
Étrangetés d'anomalies qui se créent à toute heure de la journée, comme une chute sur la glace, rien de brisé, sauf un rein. Jardiner à genoux dans la slush avec un goût de sambucca flambé dans la bouche. Transpirer comme une ménopausée en plein hiver dans sa jaquette rose bébé. Avoir sniffé de la poudre à la messe de minuit, faire des jokes avec l'évêque dix secondes avant qu'il ne procède à l'homélie. M'ennuyer à en crever, prendre mon bain avec des bulles qui parfument ma vulve. En rouler un dernier dans ton pick-up avant que tu fasses des bébés et chérisses la grosse torche qui allaite au moment même où mille étoiles crashent dans le fleuve. Me marier pour le cash, moudre des copeaux de parmesan et en mettre dans ton café à la pause de l'avant-midi. La guerre éclate et nous n'avons nul choix autre que de faire cuire ton chien.
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