mercredi 30 janvier 2008

we like big butts.


The bra shop, John Currin

Le vin est mauvais, mais qu'importe. D'ailleurs, il n'en reste plus. L'effet se fait et nous défait. Nous rions rates dilatées, gorges déployées sur nos 20 ans de camaraderie et sur cette bitch qu'est la vie. Nous étalons les années sur ma nappe de table préférée. Entre nous, la vérité va de soi, ne s'arrange jamais, ne se pose aucune question, reste fidèle à l'exactitude des faits.
Trinquons, ma biche. Trinquons aux embûches. Les verres d'eau se touchent. Clinquement aigu. Silence.
Ma vieille amie reprend son souffle, me rappelle le temps où j'ai bien failli succomber à un chagrin certain, surtout à cause de mon refus catégorique de m'alimenter. Trois mois durant, je n'ingérais que des jujubes multicolore et d'innombrables onces de Bombay.
Elle soupire «t'avais perdu 30 livres». La larme à l'oeil, je baisse la tête et ai le dégoût d'y voir mes 2 grosses cuisses aplaties sur ma chaise. Ma chaise est vulnérable sous la lourdeur de mon corps. J'ai largement repris ce poids. Je m'ankylose et croyez-moi, c'est tout à fait navrant.

Il y a bien une question qui me chicouille. Qu'est ce qui est pire entre le fait que ton chum fourre la voisine pendant que tu dors et avoir un criss de gros cul.

samedi 26 janvier 2008

Breathe me.



«What does your vagina smell like?
Earth. Wet garbage. God. Water. A brand new morning. Depth. Sweet ginger. Sweat. Depends. Musk. Me. No smell, I've been told. Pineapple. Chalice essence. Paloma Picasso. Earthy meat and musk. Cinnamon and cloves. Roses. Spicy musky jasmine forest, deep, deep forest. Damp moss. Yummy candy. The South Pacific. Somewhere between fish and lilacs. Peaches. The woods. Ripe fruit. Strawberry-kiwi tea. Fish. Heaven. Vinegar and water. Light, sweet liquor. Cheese. Ocean. Sexy. A sponge. The beginning.
»

Eve Ensler, The Vagina Monologues

vendredi 25 janvier 2008

particule, hier.

Lynch m'effraie et je n'ai aucun talent. Le Bon Dieu me haït.
Toi, dans ton grand appartement, salope.
Tu regardes de haut, ta vue est splendide. Ta machine à café fait d'excellents allongés. Et tu les sirotes lentement, en flattant ton chien gentil.
La couette blanche de ton grand lit, gît sur ton canapé de cuir noir. Ton vieux t-shirt tombe sur tes jolis seins pointus et ta petite culotte moule fermement ton cul.
Ton cul sur lequel tout le monde pose les yeux. L'envie des autres pour ton cul.

Édith Piaf crie La Foule dans ton salon. Tes paupières sont closent sur des émeraudes d'Iran. Tu dessines sans le savoir, sur ton paisible visage, une moue de bonheur à chier. Tu laisses fondre dans ta bouche sucrée, un morceau de caramel salé.

Cette nuit pendant l'orage, tu t'es éveillée. La lune pâle pénétrait les grandes fenêtres, laissées ouvertes comme la bouteille de rosé. Tu t'es levé et, appuyée sur le vieux calorifère, tu as laissé le voilage frais te caresser les jambes. Tu as allumé une Benson Or, t'es resservi un verre de vin. Et là, devant ce spectacle magnifique, tu as posé pour ton appareil, juché un peu plus loin, sur un trépied.
Tu ne regardes pas l'objectif, mais tu bouges lascivement sur la chaise devant la fenêtre qui donne sur la basse-ville.

Tes cheveux mi-longs touchent du bout des doigts tes épaules frêles et tu frissonnes de faire danser les tiens sur ton pubis rasé.
Tu respires le joint roulé serré, la lueur de minuit traverse la fumée, éclaircie ta nuit.
Tu appuies fermement, maintenant sur Vénus, astre rose ressorti, chapeautant ton sexe mouillé.
L'appareil ne cesse de prendre clichés, bien que la chaleur dans ton bas ventre te libère de toutes pensées.
Tu as réglé 100 prises, intervalle 30 secondes.

Grande ouverte et prête, tu baisses les yeux pour mater ton corps s'onduler, les cuisses se contracter. Tu baises ta propre chatte et tu jouis de vives secousses. Raidie, seule et épiée par ton nouveau CANON, dernier modèle sur le marché.

Tu t'es rendormie, tête lourde sur mille oreillers de plume.

Au matin petit, alors que d'autres luttent perpétuellement contre chaque jour nouveau, la vie te chérit, t'enlace voluptueusement. L'amour t'es due sans que tu l'ai demandé. Avant même que tu ne saches ce qu'est l'amour, tu en étais déjà emplie. Embrassée dès l'aube de ton existence, un naevus en forme de coeur au centre de la joue. La sage-femme qui avait aidé ta mère à t'expulser de ses chairs en avait même pleuré.
Parcours candide d'un être désolant de beauté. Désolant, oui. Car tous, même s'ils t'aiment instantanément et inconditionnellement, se désolent d'être ceux qu'ils sont devant toi.

On t'aimait bien avant que tu ne retrousses tes jupes et que tu laisses monter en toi les litanies adoratives. Quand tu te masturbes, la nuit se fait belle sur la ville, la lune brille, féline.

mercredi 23 janvier 2008

find out

pourquoi devrais-je aller à Montémimar ?

samedi 12 janvier 2008

stomach's feather

- Le temps. Le temps est une plume, lui ai-je murmuré à l'oreille.
Il avait crispé son visage, comme si sa grimace lui permettait de retenir ses larmes.
En relâchant ses muscles faciaux, sa bouche s'était ouverte et l'eau salée y tombait doucement.
- Le temps vole comme la plume, répondit-il entre ses dents.
Sa mâchoire s'était resserrée. Il eut mal au coeur et n'eut pas le temps d'aboutir sa course jusqu'aux chiottes.
Il vomit sur le linoléum, tentant d'enfermer sa bile de la main.
Il afficha un regard honteux, eut même l'idée de m'embrasser. Déposa ses mains mouillées sur mes joues, enveloppa ma bouche de la sienne.
Ça sentait la gerbe, le fond d'estomac acidifié.
Il avait bu, je le goûtais.
*
Effluves de reflux.

mercredi 2 janvier 2008

i loved him first

but now he have to go.

À cause de moi.
À cause de tout ce que je suis incapable de raconter, ma honte étant trop grande.
Après tout ça, il part. Me haïssant, me damnant, vifs regrets des temps passés.
Et pis, au fond, je le comprend. Moi aussi je me quitterais. Me sauverais loin pour ne plus me faire blesser.
Comment est-ce que j'ai pu mélanger les cartes à ce point?
J'ai tellement aimé que j'ai haïs.
J'ai saboté nos rêves, jusqu'à ce que tout soit mort. Nous et moi.
Me reste à faire face à moi-même. Aux démons qui s'agitent à l'intérieur.

L'étouffer de moi, retenir mon souffle lourd pour mieux m'appuyer sur ses épaules.
Ni mes mots, ni ma plume, ni mes larmes, ni l'amour. Non plus rien, à présent.
Ma conjugaison est désuète.
*

J'ai honte de moi. Déambuler en pyjama dans cet appart où on ne respire plus. Allumer 100 000 clopes et ne pas vider mes cendriers.
Renifler sa chemise, par terre dans la chambre. Juste pour qu'un peu de lui m'imprègne encore.
Avant qu'il ne se casse avec sa chemise et sa collection de cds.
*

J'ai réellement voulu, mais probablement pas assez.
J'ai trop voulu de lui, répété que c'en était jamais assez.
Qu'un jour, me prendre dans ses bras l'a écoeuré.
C'est à grands coups de reproches, d'insatisfaction, de mots et de violence que j'ai noyé ce qu'il lui restait d'affection pour moi.

Je ne me suis pas jetté à ses pieds pour le supplier de rester.

J'ai simplement compris.
Qu'avec ce qui lui reste d'amour propre, il se doit de partir.
Claquer la porte une foutue fois pour toute.
Par amour pour lui-même.

Et par amour pour lui, je le laisserai prendre ses trucs.
Vider de lui tout ce qu'il me reste au monde.

2008 débute, cheville cassée.
Ça m'apprendra.
Enfin, espérons-le.



« the moon is not only beautiful /it is so far away /the moon is not only ice cold /it is here to stay
/when i lay me down /will you still be around /when they put me six feet underground /will the big bad beautiful you be around
/everyone says they know you /better than you know who /everyone says they own you /more than you do
/when i lay me down /will you still be around /when they put you six feet underground /will the big bad beautiful moon be around
/cuz the moon is not only beautiful /it is so far away /the moon is not only ice cold /it is here to stay »
-Cat Power