Lynch m'effraie et je n'ai aucun talent. Le Bon Dieu me haït.
Toi, dans ton grand appartement, salope.
Tu regardes de haut, ta vue est splendide. Ta machine à café fait d'excellents allongés. Et tu les sirotes lentement, en flattant ton chien gentil.
La couette blanche de ton grand lit, gît sur ton canapé de cuir noir. Ton vieux t-shirt tombe sur tes jolis seins pointus et ta petite culotte moule fermement ton cul.
Ton cul sur lequel tout le monde pose les yeux. L'envie des autres pour ton cul.
Édith Piaf crie La Foule dans ton salon. Tes paupières sont closent sur des émeraudes d'Iran. Tu dessines sans le savoir, sur ton paisible visage, une moue de bonheur à chier. Tu laisses fondre dans ta bouche sucrée, un morceau de caramel salé.
Cette nuit pendant l'orage, tu t'es éveillée. La lune pâle pénétrait les grandes fenêtres, laissées ouvertes comme la bouteille de rosé. Tu t'es levé et, appuyée sur le vieux calorifère, tu as laissé le voilage frais te caresser les jambes. Tu as allumé une Benson Or, t'es resservi un verre de vin. Et là, devant ce spectacle magnifique, tu as posé pour ton appareil, juché un peu plus loin, sur un trépied.
Tu ne regardes pas l'objectif, mais tu bouges lascivement sur la chaise devant la fenêtre qui donne sur la basse-ville.
Tes cheveux mi-longs touchent du bout des doigts tes épaules frêles et tu frissonnes de faire danser les tiens sur ton pubis rasé.
Tu respires le joint roulé serré, la lueur de minuit traverse la fumée, éclaircie ta nuit.
Tu appuies fermement, maintenant sur Vénus, astre rose ressorti, chapeautant ton sexe mouillé.
L'appareil ne cesse de prendre clichés, bien que la chaleur dans ton bas ventre te libère de toutes pensées.
Tu as réglé 100 prises, intervalle 30 secondes.
Grande ouverte et prête, tu baisses les yeux pour mater ton corps s'onduler, les cuisses se contracter. Tu baises ta propre chatte et tu jouis de vives secousses. Raidie, seule et épiée par ton nouveau CANON, dernier modèle sur le marché.
Tu t'es rendormie, tête lourde sur mille oreillers de plume.
Au matin petit, alors que d'autres luttent perpétuellement contre chaque jour nouveau, la vie te chérit, t'enlace voluptueusement. L'amour t'es due sans que tu l'ai demandé. Avant même que tu ne saches ce qu'est l'amour, tu en étais déjà emplie. Embrassée dès l'aube de ton existence, un naevus en forme de coeur au centre de la joue. La sage-femme qui avait aidé ta mère à t'expulser de ses chairs en avait même pleuré.
Parcours candide d'un être désolant de beauté. Désolant, oui. Car tous, même s'ils t'aiment instantanément et inconditionnellement, se désolent d'être ceux qu'ils sont devant toi.
On t'aimait bien avant que tu ne retrousses tes jupes et que tu laisses monter en toi les litanies adoratives. Quand tu te masturbes, la nuit se fait belle sur la ville, la lune brille, féline.